Cette mort, Madame l'affronte avec beaucoup de fermeté. Jacques Truchet (de) renchérit. La mort d’Henriette-Anne d’Angleterre, belle sœur de Louis XIV « Ô nuit désastreuse ! Elle se rendit en grand apparat en Angleterre visiter son frère Charles II qui l'aimait tendrement et contribua à la signature du traité de Douvres, qui scellait le rapprochement entre l'Angleterre et la France. », « la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines, « Voyons ce qu'une mort soudaine lui a ravi, voyons ce qu'une sainte mort lui a donné, « Ils vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes ni rois, « parce que toutes nos pensées qui n'ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort, « Les ombres de la mort se dissipent […] Madame n'est plus dans le tombeau : la mort, qui semblait tout détruire, a tout établi, « Tout le reste est vain […] tout le reste n'est pas l'homme, « hardiment mépriser la mort à l'exemple de notre héroïne chrétienne, « Tout était simple, tout était solide, tout était tranquille, tout partait d'une âme soumise et d'une source sanctifiée par le, « Elle a mis fin aux plus grands périls dont une, « capable de faire tourner les meilleures têtes, « cette sincère résignation qu'elle a eue aux ordres de Dieu et les saintes humiliations de la pénitence, « le plan, les idées, parfois les expressions même », « De là, dit Lanson, l’unité religieuse et esthétique à la fois des oraisons funèbres : de cette idée centrale la lumière se distribue à toutes les idées, les enveloppe et les lie, « On exagérerait à peine en disant qu'elle est un sermon sur la mort, et l'on ne pourrait guère étudier les idées qu'elle contient sans se référer au sermon du carême du Louvre qui porte ce titre, « constitue à cet égard une sorte de cas-limite, dont il ne faudrait pas s'autoriser pour prétendre que Bossuet ramène l'oraison funèbre au sermon d'une manière constante et générale, « Des six oraisons funèbres que fit imprimer Bossuet, dit Jacques Truchet, celle de Madame est généralement celle que l'on préfère et qui touche le plus, « la pleine maîtrise de son éloquence et du même coup le sommet de l'art oratoire, « Madame n'a-t-elle pas été empoisonnée ? La gloire que nous admirions en Madame « faisait son péril en cette vie[49] ». 1848-1850), qui met en avant sa frivolité. Oraison funèbre d'Henriette Marie de France (1669) Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre (1670) Exposition de la doctrine de l'église catholique sur les matières de controverse (1671) Sermon pour la Profession de Mademoiselle de La Vallière (1675) Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même (1677) Traité du libre arbitre (1677) Belle sœur de Louis XIV, Pygmalion, 2006 (lire en ligne), p. 149 ↑ P. HILLEMAND, « A propos de la mort d'Henriette d'Angleterre Madame , Duchesse d'Orléans », Communication présentée à la séance du 15 mars 1975 de la Société Française d'Histoire de la Médecine,‎ 1975 (lire en ligne) « De là, dit Lanson, l’unité religieuse et esthétique à la fois des oraisons funèbres : de cette idée centrale la lumière se distribue à toutes les idées, les enveloppe et les lie[26]. Son agonie dura plusieurs heures. ». Les qualités de l'esprit même sont vaines, « parce que toutes nos pensées qui n'ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort[34] ». Henriette d'Angleterre , appelée aussi Henriette-Anne Stuart, en anglais Henrietta Anne Stuart of England, est la fille du roi Charles Ier d'Angleterre et d'Écosse et de la reine Henriette Marie de France. Referències En effet, si l'empoisonnement s'était avéré, le scandale eût été immense. À partir de son mariage, Henriette porta le titre de « Madame », qui était dévolu à l'épouse de « Monsieur ». Le Cène, 1720. Elle ne veut être entretenue de rien d'autre que des vérités chrétiennes. Bossuet loue Henriette d’Angleterre d’avoir préféré la lecture des ouvrages d’histoire à celle des romans « soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisoit ces froides et dangereuses fictions » (oraison funèbre d’Angleterre) Jacques-Bénigne Bossuet, né à Dijon le 27 septembre 1627 reçoit une éducation classique chez les jésuites. — Oui, sire, lui répondit-il. En 1660, il prêche le carême à l'église des Minimes, et, en 1661, le carême des Carmélites. Ne murmurons pas. ». Bossuet la connaît très bien. Ce mariage était important : il fallait en effet marier Monsieur, dont les penchants homosexuels très déclarés créaient quelques désordres à la cour de France. Il ne réside pas dans son évêché[13]. Il est certain qu'Henriette fut la reine incontestée de nombreuses fêtes que Louis XIV donnait. Le récit douloureux qu'il en donne est considéré « comme un des chefs-d'œuvre du lyrisme en prose[35] » : « Ô nuit désastreuse ! Le 5 septembre, deux semaines après les funérailles, Bossuet est nommé précepteur du dauphin[20]. Des suppositions sur une éventuelle liaison amoureuse existent toujours mais rien n'a jamais été clairement prouvé. L'Oraison funèbre de Henriette Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans est une pièce d'éloquence religieuse prononcée le 21 août 1670 par Bossuet, en la basilique Saint-Denis, lors des funérailles d'Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, dite Madame (1644-1670), première épouse de Monsieur, le frère de Louis XIV. La monarchie française est en train d'affronter le soulèvement de la Fronde, les caisses sont vides et la régente, Anne d'Autriche, a d'autres soucis que celui de s'occuper du bien-être de sa belle-sœur et de sa nièce. ô nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Pièce allégorique publiée à l'occasion de la mort de la Duchesse d'Orléans. Ô nuit effroyable, où retentit tout à coup un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! ». Elle mourut à 26 ans, le 30 juin 1670, à deux heures et demie du matin environ, au château de Saint-Cloud, peut-être d'une péritonite biliaire, comme le laisse supposer le rapport d'autopsie de Bourdelot[2]. Malgré ces difficultés matérielles et ce climat familial déplorable, il semble qu'Henriette bénéficia d'une éducation acceptable. Contexte Mort d'Henriette de France. Madame est morte ! C'est peu après ce voyage qu'elle meurt soudainement, à 26 ans, dans des circonstances jugées d'abord mystérieuses, voire criminelles[9]. Monsieur, dont les penchants homosexuels étaient connus (il avait notamment une liaison passionnée avec le chevalier de Lorraine), accomplit cependant son devoir conjugal, mais jalousait l'influence de son épouse auprès du roi. Sauf que la mort de la princesse est jugée suspecte, car beaucoup trop brutale et inattendue. Ce sont des cris, des gémissements, la douleur, la consternation, « et l'image de la mort[36] », la mort plus puissante que l'affection d'un roi, d'une reine, d'un époux, de toute la cour et de tout un peuple. On retrouve la même division dans les oraisons funèbres de Marie-Thérèse d'Autriche et de Condé. Le devoir, l'objet, la nature véritable de l'homme, c'est de craindre le jugement de Dieu. Bossuet donne alors les raisons de son éloge d'une si admirable princesse. Il voit dans cette dernière « le type du genre » : l'éloge de la morte devient une méditation sur la mort. ». C'est Condé que désigne Bossuet quand il commence par : « Monseigneur ». Ces deux cérémonies, Bossuet les évoque au tout début de l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre, lors de ses funérailles à Saint-Denis, neuf mois plus tard, le 21 août 1670 : il rappelle d'abord qu'il a rendu « le même devoir » à la mère de la défunte[3] ; il rappelle ensuite que le lieu des funérailles de la mère est le même que celui de la fille[4]. Ce jeton rappelle aussi qu'Élisabeth (1602-1644) a épousé Philippe IV d'Espagne (1605-1665) en 1621, l'année où il succède à Philippe III. « Elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie[47]. Le prince est le Grand Condé, premier prince du sang, qui passe pour incroyant. Plus encore que par son rang, elle brille par son mérite : par les qualités de son cœur et de son esprit. 30 juin 1670 10 : Mort d' Henriette d'Angleterre [16 juin 1644 / 30 juin 1670] [Biographie] Henriette d'Angleterre. Les raisons de la mort d'Henriette ne sont toujours pas établies avec certitude à ce jour. Henriette Anne d'Angleterre est la fille de Charles Ier et d'Henriette Marie de France. L'orateur évoque l'éclat, les triomphes, la gloire d'Henriette, et la façon brutale dont tout cela lui est retiré. Henriette-Anne naît à Exeter en Angleterre le 16 juin 1644, au plus fort de la guerre civile opposant son père aux parlementaires anglais tout d'abord puis à Cromwell ensuite. Dans un pays protestant, la reine, qui est catholique et de qui le roi accepte tout, déchaîne des révoltes. L'orateur se laisse aller soudain à l'émotion en se rappelant la mort de la princesse. Histoire de Madame Henriette d'Angleterre, Madame de La Fayette. » Cependant, Truchet précise que l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre « constitue à cet égard une sorte de cas-limite, dont il ne faudrait pas s'autoriser pour prétendre que Bossuet ramène l'oraison funèbre au sermon d'une manière constante et générale[53] ». « Tout le reste est vain […] tout le reste n'est pas l'homme[40]. Voilà « ce qui est réel et solide[40] ». Lord Jermyn, l'amant de sa mère qui avait accompagné celle-ci lors de sa fuite d'Angleterre et qui partageait la vie des deux femmes, était un buveur violent qui paraît-il, battait sa maîtresse. « Des six oraisons funèbres que fit imprimer Bossuet, dit Jacques Truchet, celle de Madame est généralement celle que l'on préfère et qui touche le plus[54]. Le choix se serait porté sur une de ses suivantes, Louise-Françoise de La Baume Le Blanc. Histoire de Madame Henriette d'Angleterre, première femme de Philippe de France, Duc d'Orléans, Amsterdam, M.-C. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. « Ils vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes ni rois[30]. D'une vive et perçante intelligence, mais d'une sage modestie et d'une parfaite discrétion, elle sait tirer profit de ces qualités réunies pour mener avec une « incroyable dextérité[32] » sa mission d'Angleterre. modifier - modifier le code - modifier Wikidata. C'est en cette occasion que Bossuet prononce l'éloge funèbre. Elle qui avait été oubliée, négligée, tenue à l'écart jusqu'alors par la monarchie française, devient, à 16 ans, la sœur d'un roi en exercice, donc une personne digne d'intérêt. Gustave Lanson remarque tout d'abord : « Ce qui domine et enveloppe l’instruction et la biographie, la morale et l’histoire, dans ces oraisons funèbres, c’est l’émotion personnelle de l’orateur. L'intérêt est de faire un parallèle époque biblique/Bossuet. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Stringebam brachia De saint Ambroise, un des pères de l'Eglise. ↑ Christian Bouyer, Henriette-Anne d'Angleterre. Elle est la plus célèbre de ses oraisons funèbres, la plus touchante par le lyrisme : l'émotion de l'orateur est profonde, car il parle d'une personne qu'il connaît bien et qu'il a assistée dans ses derniers instants. — Et qui l'a empoisonnée, dit le roi, et comment l'a-t-on fait ? La dernière modification de cette page a été faite le 8 mai 2020 à 21:52. Au vu du contexte politique de l'époque, son père ordonne prudemment que la princesse Henriette soit rapidement baptisée selon le rite anglican. Ces paroles du roi prouvent incontestablement qu'Henriette avait été tenue jusqu'alors totalement à l'écart de la cour française et que le roi, ainsi que son frère, ne l'avaient pas vue souvent. Issue de rois, Madame est sœur et belle-sœur des « deux plus grands rois du monde[32] ». Mais Louis XIV se serait épris réellement de la jeune fille et se serait éloigné un peu d'Henriette qui demeura tout de même la reine des bals de la Cour mais brocardait ouvertement la jeune fille qui l'avait supplantée dans le cœur du roi. Madame est morte ! En 1671, Mabre-Cramoisy procède à une deuxième édition, avec corrections de Bossuet. Même si La Palatine ne cite pas ses sources, elle semble si convaincue d'un empoisonnement que l'on peut supposer que Monsieur aurait pu connaître, ultérieurement, l'identité du ou des coupables, que celui-ci ou ceux-ci faisaient peut-être partie du cercle de ses favoris (le nom du chevalier de Lorraine fut notamment évoqué). Le Cène, 1720. Ô nuit effroyable où retentit tout-à-coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte ! La mort édifiante de Madame doit nous servir de leçon. Dans l'autre vie, cette gloire est devenue l'objet « d'un examen rigoureux » — si rigoureux que Madame ne peut être rassurée que par « cette sincère résignation qu'elle a eue aux ordres de Dieu et les saintes humiliations de la pénitence[49] ». Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689, Paris, Foucault, 1828. C'est avec cette œuvre que Bossuet, déjà prédicateur renommé, atteint le sommet de l'art oratoire. La thèse du poison, mis non pas dans le breuvage mais déposé sur les parois internes de la tasse (Madame, comme tous les princes et princesses du sang, avait sa propre vaisselle que personne d'autre n'avait le droit d'utiliser) fut entretenue par les mémoires de la princesse Palatine qui succéda à Henriette, comme seconde épouse de Monsieur. » Bossuet souligne la portée universelle de son propos : à travers ce malheur particulier, ce sont toutes les calamités humaines qu'il va déplorer ; et, à travers cette mort, ce sont « la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines[28] » qu'il va exposer. Les chroniqueurs relatent qu'elles y vivaient très chichement, ayant à peine de quoi se chauffer, qu'elles ne pouvaient se vêtir selon leur rang (Henriette devait même à sa tante la duchesse de Savoie d'avoir des gants à sa taille) et que la reine déchue d'Angleterre avait dû vendre tous ses bijoux et sa vaisselle pour assurer sa subsistance et celle de sa fille.
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